Le journal La Croix rendait hommage aux initiatives de La Table de Cana le 24 juin dernier dans un bel article dont nous reprenons les grandes lignes.

Offrir un repas aux personnes les plus démunies tout en favorisant l’insertion d’autres personnes en difficulté, telle est la double ambition portée par ce traiteur solidaire avec son nouveau projet de paniers repas.

Outre l’insertion de personnes en précarité, La Table de Cana s’est lancée depuis fin avril dans une deuxième solidarité : la distribution de paniers repas aux personnes les plus démunies.


"Un don, deux solidarités",  c’est le slogan du nouveau projet de La Table de Cana. Cette entreprise d’insertion de personnes en précarité professionnelle travaille dans la restauration haut de gamme : service de traiteur, buffets, cocktails. Elle fournit aussi les plateaux-repas de l’Assemblée nationale ou de la Mairie de Paris, par exemple.

Deux solidarités interdépendantes
Outre l’insertion de personnes en précarité, La Table de Cana s’est lancée depuis fin avril dans une deuxième solidarité : la distribution de paniers repas aux personnes les plus démunies. La stratégie ? Que les deux solidarités se servent mutuellement. « Il était urgent de refaire travailler nos salariés, souvent confinés dans de mauvaises conditions. Par ailleurs, le besoin de produits frais pour les personnes les plus démunies ne cessait d’augmenter, et les donateurs ont rapidement souhaité prendre leur part. Nous avons décidé de coordonner le tout » explique Ghislain Lafont, président de l’association. En un week-end, les dix entreprises du réseau se sont mises d’accord pour produire des paniers repas à prix unique.
D’un coût de 7 €, le panier permet de nourrir une personne « convenablement et de façon équilibrée » souligne La Table de Cana. Le succès est au rendez-vous : près de 100 000 paniers ont déjà été distribués au plan national. « Avec la crise économique, la demande augmente sans cesse et risque de perdurer, à tel point que nous nous posons la question d’intégrer les paniers repas à la stratégie long terme de l’entreprise » explique Bernard Point, président du conseil d’administration de la Table de Cana, à Antony.

Un appel aux financements
Mais pour continuer le projet, encore faut-il des financements. Avec un résultat tout juste positif hors pandémie de Covid-19, la Table de Cana n’a pour l’instant pas les moyens de financer cette activité : elle en appelle aux dons de fondations ou de particuliers. Pour l’instant, l’association bénéficie notamment de financements de Caritas et de Fonreal (branche de la Fondation de France centrée sur l’aide alimentaire d’urgence). D’autres fondations ont également contribué, mais l’entreprise d’insertion maintient son appel aux dons pour continuer le projet.
Fondée par Frank Chaigneau, jésuite, en 1985, l’entreprise vise avant tout l’insertion de personnes en précarité professionnelle. Convaincue que « chacun a des talents qu’il convient de faire éclore », elle cherche à « promouvoir l’épanouissement de ses salariés » dans la « responsabilité » et le « travail d’équipe ».
Une recette qui marche
Pour cela, la Table de Cana propose un accompagnement tant professionnel que social. Le but premier ? La transmission d’un savoir-faire dans plus de dix métiers de domaines variés : cuisine, pâtisserie, logistique, secrétariat ou comptabilité par exemple. Avec un encadrant technique pour deux personnes en insertion, les salariés sont formés efficacement.
Outre l’accompagnement technique, l’entreprise cherche à co-construire un projet professionnel avec les personnes accueillies afin de les aider à « retrouver indépendance et autonomie pour aller vers un emploi durable ». En travaillant avec des Associations locales de soutien (ALS), les équipes aident aussi les salariés sur des questions de logement, de transports ou d’accès au soin. Des liens sont entretenus avec de nombreuses entreprises pour que la suite du parcours soit suivie et consolidée : 65 % des salariés trouvent un emploi long terme ou s’engagent dans une formation complémentaire en sortant des deux ans passés chez la Table de Cana.
« Cocktails à distance »
Hors Covid, la Table de Cana réalise un chiffre d’affaires de 11 millions d’euros, et son résultat est positif. Pour Bernard Point, tout l’enjeu est de privilégier « à la fois les saveurs (le métier de traiteur) et les talents (les personnes) ». Afin de reprendre son activité au plus vite, le groupe est aussi amené à faire preuve d’imagination. En plus des paniers repas, certaines entreprises du réseau réfléchissent à de « cocktails à distance » pour les particuliers. Mais Ghislain Lafont en convient : « Nous préférerions reprendre l’activité de traiteur pour les fêtes et mariages ».