De nombreux publics, atypiques, se retrouvent éloignés du marché de l’emploi étiquetés comme moins performants, moins fiables que les autres. Cet état de fait n’est pourtant pas une fatalité et les entreprises classiques sont toujours plus nombreuses à s’emparer de ces sujets. Les initiatives favorisant un recrutement plus inclusif se multiplient.

Petit tour d’horizon du champ des possibles, à l’initiative de la Fondation Vinci.

« L’inclusion, ça s’apprend ! »

Les dirigeants d’entreprises adhèrent largement à l’idée de favoriser l’inclusion au sein de leurs organisations. Cette adhésion n’est toutefois pas suffisante et les outils et leviers possibles leur sont souvent inconnus.

Le campus de l’inclusion, créé en 2018, vise à combler ces lacunes par un programme de 6 mois. Après une phase de présentation des 4 leviers possibles (Acheter/Recruter/Partager et Innover inclusif), ce sont 4 dirigeants déjà engagés qui partagent leurs expériences inspirantes. Les membres de la promotion sont ensuite invités à se mettre en action et à commencer à construire un projet inclusif adapté à leur entreprise.
Leur est enfin remis un diplôme signé de la Ministre du Travail.

« L’inclusion est toujours possible »

Qu’ils s’agissent de réfugiés, d’habitants des QPV ou des personnes atteintes de troubles autistiques, des programmes se montent, afin de favoriser l’entrée en emploi dans les meilleures conditions de publics nécessitant parfois une attention particulière pour révéler leur plein potentiel.

Ainsi par le programme HOPE (Hébergement et Orientation Parcours vers l’Emploi), ce sont plus de 1 000 personnes réfugiées qui sont accompagnées et formées sur des secteurs en tension. Les entreprises recrutant les réfugiés en fin de parcours n’expriment qu’un regret : qu’il n’y ait pas plus de personnes issues de ce programme à embaucher tant elles donnent satisfaction une fois en emploi.

(VIE) Vinci Insertion Emploi a développé « STEP », un dispositif destiné aux jeunes sans emploi et sans formation « NEETs ». « STEP » leur permet de bénéficier d’un coaching et d’une première expérience professionnelle, autour de l’aménagement de bungalows, en vue de favoriser leur retour en formation ou l’entrée en emploi.

Enfin, l’association « Vivre et travailler autrement » favorise l’entrée en emploi des personnes atteintes de troubles autistiques, parmi lesquels seul un adulte sur vingt est en emploi. Pourtant avec un peu de temps et de la pédagogie auprès de l’entreprise, ces salariés se révèlent compétents, impliqués et tout aussi productifs que les autres. Le dispositif n’a connu aucun échec à ce jour et toutes les personnes ayant bénéficié de l’accompagnement sont toujours en emploi.

« Et l’IAE dans tout ça ? »

Tous ces programmes et dispositifs sont autant de complémentarités ou de suites possibles pour des publics en insertion. Les acteurs de l’IAE ont également une expérience précieuse à partager avec des entrepreneurs désireux de s’engager en faveur de l’inclusion des publics les plus fragiles.

Les coopérations entre le monde de l’insertion et celui de l’entreprenariat se font toujours plus nombreuses et les frontières tendent à s’effacer, allant par exemple jusqu’à la création de projets en commun que sont les JVS (Joint-Ventures Sociales).

Un mouvement de rapprochement déjà bien engagé.